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Les Marocains ont pris 9 milliards de DH de financements Mourabaha depuis 2017

28 févr. 2020 Medias 24

Les banques participatives ont récemment fêté leur deuxième année d’existence (leur activité a démarré en octobre 2017). Les chiffres à fin 2019 fournis par Bank Al-Maghrib montrent que l’activité des 5 établissements et 3 fenêtres participatives croît fortement. Ce qui est normal pour un secteur naissant. Mais cette croissance aurait pu être beaucoup plus importante, si l’écosystème de la finance participative était complet et si les banques ne traînaient pas une fausse image de sociétés de financement spécialisées au lieu de banques universelles.

A fin 2019, les financements accordés s’élèvent à 9,3 milliards de DH. Ils ont plus que doublé par rapport à fin 2018 (4,6 milliards).

85% de cet encours est constitué de la Mourabaha immobilière (7,9 milliards de DH). Ce produit a enregistré une bonne performance : +3,7 milliards de DH en un an, alors que l’encours du crédit immobilier classique, qui dépasse les 200 milliards de DH, n’a augmenté que de 3,9 milliards. Les banques participatives captent donc une partie honorable de la nouvelle production de financements immobiliers.

Sur les autres segments de financement, la Mourabaha automobile affiche un encours de 708 MDH contre 323 millions une année auparavant, et la Mourabaha équipement 450 MDH contre 101 millions.

Ces performances sur la Mourabaha auraient pu être meilleures, si l’assurance participative Takaful était disponible. Cette couverture, qui protège aussi bien les banques et leurs clients, est en cours de mise en œuvre depuis des années par l’Autorité de contrôle des assurances et la profession. Pour l’instant, les clients signent un engagement de souscrire à cette couverture dès qu’elle sera disponible. Mais entre-temps, leurs ayants droit courent un grand risque d’entrer en conflit avec la banque, en cas de décès/invalidité de l’intéressé.

Hormis ce frein, l’indisponibilité d’autres produits de financement participatifs autres que la Mourabaha freine le développement de ce nouveau marché. Istisnaâ, Ijara, Salam…, tous les produits qui concernent la clientèle des entreprises attendent toujours leurs contrats-types. L’élaboration de ces derniers connaît un retard chez les trois parties prenantes, à savoir le Conseil supérieur des Oulémas, Bank Al-Maghrib et le Groupement des banques du Maroc.

« Les choses avancent un peu lentement », avait reconnu le wali de Bank Al-Maghrib en décembre dernier. « On a décidé de faire accélérer l'adoption des contrats des nouveaux produits par le GPBM et le Conseil supérieur des oulémas. Puis on a décidé de tenir des réunions entre les responsables des banques participatives et les oulémas pour qu'ils s'écoutent mutuellement », avait-il ajouté.

Par ailleurs, les banques participatives ont besoin de ressources pour pouvoir continuer à accorder des financements. Or, elles souffrent sur ce volet également. Les dépôts de la clientèle ne totalisent que 4 milliards de DH. Certes cet encours a doublé en un an, mais il reste insuffisant pour couvrir les emplois des banques. Les dépôts d’investissement, qui ont démarré en juillet dernier, tardent encore à porter leurs fruits : à peine 335 MDH collectés en 6 mois.

Du coup, les banques participatives se rabattent sur leurs capitaux propres et le refinancement de leurs maisons mères.

En fait, ces établissements souffrent d’un problème d’image. Ils sont perçus par la clientèle comme simples « sociétés de financement » distribuant des « crédits halal » et non comme de véritables banques universelles pouvant assurer tous les services de la banque au quotidien (monétique, paiement…).

Les clients n’y ouvrent un compte bancaire que quand ils contractent un financement. Et souvent, ils gardent leur ancien compte auprès des banques conventionnelles pour réaliser les opérations courantes.

Les banques participatives ont beaucoup de chemin à faire pour accélérer leur développement et saisir leur plein potentiel. Ce dernier est évalué entre 5 et 6% du marché bancaire, contre 1% capté aujourd’hui.

Les banques participatives ont récemment fêté leur deuxième année d’existence (leur activité a démarré en octobre 2017). Les chiffres à fin 2019 fournis par Bank Al-Maghrib montrent que l’activité des 5 établissements et 3 fenêtres participatives croît fortement. Ce qui est normal pour un secteur naissant. Mais cette croissance aurait pu être beaucoup plus importante, si l’écosystème de la finance participative était complet et si les banques ne traînaient pas une fausse image de sociétés de financement spécialisées au lieu de banques universelles.

A fin 2019, les financements accordés s’élèvent à 9,3 milliards de DH. Ils ont plus que doublé par rapport à fin 2018 (4,6 milliards).

85% de cet encours est constitué de la Mourabaha immobilière (7,9 milliards de DH). Ce produit a enregistré une bonne performance : +3,7 milliards de DH en un an, alors que l’encours du crédit immobilier classique, qui dépasse les 200 milliards de DH, n’a augmenté que de 3,9 milliards. Les banques participatives captent donc une partie honorable de la nouvelle production de financements immobiliers.

Sur les autres segments de financement, la Mourabaha automobile affiche un encours de 708 MDH contre 323 millions une année auparavant, et la Mourabaha équipement 450 MDH contre 101 millions.

Ces performances sur la Mourabaha auraient pu être meilleures, si l’assurance participative Takaful était disponible. Cette couverture, qui protège aussi bien les banques et leurs clients, est en cours de mise en œuvre depuis des années par l’Autorité de contrôle des assurances et la profession. Pour l’instant, les clients signent un engagement de souscrire à cette couverture dès qu’elle sera disponible. Mais entre-temps, leurs ayants droit courent un grand risque d’entrer en conflit avec la banque, en cas de décès/invalidité de l’intéressé.

Hormis ce frein, l’indisponibilité d’autres produits de financement participatifs autres que la Mourabaha freine le développement de ce nouveau marché. Istisnaâ, Ijara, Salam…, tous les produits qui concernent la clientèle des entreprises attendent toujours leurs contrats-types. L’élaboration de ces derniers connaît un retard chez les trois parties prenantes, à savoir le Conseil supérieur des Oulémas, Bank Al-Maghrib et le Groupement des banques du Maroc.

« Les choses avancent un peu lentement », avait reconnu le wali de Bank Al-Maghrib en décembre dernier. « On a décidé de faire accélérer l'adoption des contrats des nouveaux produits par le GPBM et le Conseil supérieur des oulémas. Puis on a décidé de tenir des réunions entre les responsables des banques participatives et les oulémas pour qu'ils s'écoutent mutuellement », avait-il ajouté.

Par ailleurs, les banques participatives ont besoin de ressources pour pouvoir continuer à accorder des financements. Or, elles souffrent sur ce volet également. Les dépôts de la clientèle ne totalisent que 4 milliards de DH. Certes cet encours a doublé en un an, mais il reste insuffisant pour couvrir les emplois des banques. Les dépôts d’investissement, qui ont démarré en juillet dernier, tardent encore à porter leurs fruits : à peine 335 MDH collectés en 6 mois.

Du coup, les banques participatives se rabattent sur leurs capitaux propres et le refinancement de leurs maisons mères.

En fait, ces établissements souffrent d’un problème d’image. Ils sont perçus par la clientèle comme simples « sociétés de financement » distribuant des « crédits halal » et non comme de véritables banques universelles pouvant assurer tous les services de la banque au quotidien (monétique, paiement…).

Les clients n’y ouvrent un compte bancaire que quand ils contractent un financement. Et souvent, ils gardent leur ancien compte auprès des banques conventionnelles pour réaliser les opérations courantes.

Les banques participatives ont beaucoup de chemin à faire pour accélérer leur développement et saisir leur plein potentiel. Ce dernier est évalué entre 5 et 6% du marché bancaire, contre 1% capté aujourd’hui.

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