Les exportations marocaines ont connu une progression très contrastée à fin juin 2026, selon les données publiées récemment par l’Office des Changes. Avec une croissance de 17,4%, l’industrie automobile demeure le principal moteur de la dynamique exportatrice. La filière aéronautique confirme son dynamisme et l’agroalimentaire poursuit son évolution favorable, tandis que le textile, les phosphates et l’électronique montrent des signes de fragilité.
Selon les derniers indicateurs mensuels de l’Office des Changes, les exportations du secteur automobile ont affiché une forte progression à fin juin 2026. Les chiffres font état de 93,7 milliards de dirhams (MMDH) à fin juin dernier, soit une hausse de 17,4% (+13,84 MMDH), contre 79,80 MMDH à fin juin 2025.
Ce dynamisme s’explique principalement par la hausse des ventes du segment de la construction (26,7%), du segment du câblage (13,9%) et du segment de l’extérieur (49,9%) qui ont respectivement contribué à cette progression à hauteur de +7,98MMDH, +4,28MMDH et 983MDH.
Avec une progression de +19,3% représentant +2,79MMDH, le secteur aéronautique a également enregistré une forte croissance, confirmant ainsi son dynamisme dans les exportations. Les exportations ont grimpé à 17,32 MMDH au lieu de 14,52 MMDH un an auparavant.
Cette progression provient de l’accroissement des ventes du segment de l’Assemblage et du segment EWIS qui ont atteint respectivement +2,36MMDH et +423MDH.
L’agriculture et l’agroalimentaire ont également connu une évolution favorable, enregistrant un bond de 5,7% (+2,82MMDH) au cours de la même période. D’après l’Office des Changes, les ventes du secteur ont attient 52,38MMDH à fin juin 2026 contre 49,55MMDH à fin juin 2025.
Selon les explications de l’institution publique, « cette évolution fait suite, essentiellement, à la hausse des exportations de l’industrie alimentaire (+2,33MMDH) de l’agriculture, sylviculture et chasse (+456MDH) et à une légère hausse des exportations de l’industrie du tabac ».
Le textile et les phosphates marquent le pas
L’analyse des chiffres montre en revanche des reculs au niveau des secteurs des phosphates et dérivés, du textile et cuir ainsi que de l’électronique et de l’électricité dont les ventes se sont inscrites en baisse.
En baisse de 2,3% (-1.053MDH), les ventes des phosphates et dérivés n’ont atteint que 45,42MMDH à fin juin 2026 contre 46,48MMDH à fin juin 2025, suite à la baisse des ventes des phosphates (-628MDH) et des engrais naturels et chimiques (-568MDH), partiellement compensée par la hausse des exportations d’acide phosphorique (+145MDH).
Les ventes du secteur du textile et du cuir ont enregistré une baisse de 6,5% (-1,46MMDH), en raison du recul des exportations des vêtements confectionnés (-855MDH), des articles de bonneterie (-415MDH) et des exportations de chaussures (-36MDH).
Enfin, les chiffres montrent que les ventes dans le secteur de l’électronique et de l’électricité ont enregistré une baisse de 4,4% (-308MDH), passant de 6,93MMDH à fin juin 2025 à 6,62MMDH à fin juin 2026. Ce recul est attribué à la « baisse des exportations des composants électroniques (-308MDH), des appareils électriques pour la téléphonie ou la télégraphie par fil (-204MDH), atténuée par la hausse des exportations des fils et câbles (+100MDH) ».
A noter que les importations de biens ont affiché une hausse de +15,3% (+60.891MDH) durant cette même période atteignant 458,77MMDH contre 397,88MMDH une année auparavant.
Alors que les exportations n’ont progressé que de +9,7% (+23,09MMDH) à 260,39MMDH contre 237,30MMDH à fin juin 2025, l’Office de Changes fait état d’une aggravation du déficit commercial de 23,5%, puisqu’il est passé de 160,58MMDH à fin juin 2025 à 198,38MMDH à fin juin 2026.
